Ille et Vilaine, entre légendes, villes fortifiées et côte d’émeraude

Forêts mystérieuses et terres de légendes

Au coeur de la Bretagne, l’Ille et Vilaine est une terre magique où chaque sentier, chaque château et chaque rempart évoque des légendes anciennes et un passé glorieux. A l’intérieur des terres, la mystérieuse forêt de Brocéliande, autour du château de Comper, fait revivre l’univers de Merlin l’Enchanteur et de la fée Viviane. Les histoires du roi Arthur, de Lancelot et des chevaliers de la Table ronde partis à la quête du Graal semblent encore résonner au fil des chemins, des étangs et des rochers sculptés par les siècles.

Plus au nord, le pays de Fougères, avec ses petits villages nichés dans le bocage et ses castels discrets, rappelle d’autres épisodes de l’histoire. Cette région servit de refuge aux Chouans pendant la Révolution et inspira Victor Hugo pour Quatrevingt-treize comme Balzac pour Les Chouans. Entre talus, chemins creux et manoirs isolés, la campagne garde le souvenir de cette insoumission paysanne et des grandes heures de la Bretagne intérieure.

Villes fortifiées et cités de caractère

L’Ille et Vilaine se distingue par la richesse de ses villes fortifiées. Combourg, chère à Chateaubriand, se reflète dans les eaux sombres de son lac dominé par le château, tandis que Fougères déploie ses remparts impressionnants au-dessus de la vallée. Vitré, avec ses somptueuses demeures à pans de bois, offre un centre ancien remarquablement préservé qui évoque les riches heures du commerce et des foires médiévales. Rennes, préfecture du département, a su conserver une partie de son centre historique, épargné par le grand incendie de 1720. Les places, les rues à maisons à colombages et les hôtels particuliers composent un décor où se mêlent vie étudiante, institutions et mémoire urbaine.

A côté de ces grandes villes, des petites cités de caractère méritent elles aussi une halte. À Châteaugiron, les ruelles s’enroulent autour du château et des halles, tandis qu’à La Guerche de Bretagne les façades anciennes rappellent une activité commerciale importante. Bécherel, perchée sur son éperon rocheux, séduit par ses rues étroites et ses maisons de granit où les noms de rues, comme la rue de la Beurrerie ou de la Filanderie, racontent les vieux métiers d’autrefois. Devenue cité du livre, elle ajoute aujourd’hui aux pierres anciennes le charme des librairies et des bouquinistes.

Au fil de la Vilaine et des chemins de pèlerinage

Sur la route de Saint Jacques de Compostelle, Redon marque une étape importante au carrefour du canal de Nantes à Brest et de la Vilaine. Cette ville d’eau invite à la croisière fluviale, aux promenades le long des quais et à la visite de l’abbaye Saint Sauveur, dont le cloître conserve une atmosphère paisible. Plus au nord, Dol de Bretagne rappelle son rôle de capitale religieuse du premier royaume de Bretagne. Sa cathédrale, ses maisons anciennes et ses remparts témoignent de cette histoire spirituelle et politique très ancienne.

A quelques kilomètres se dresse le mont Dol, ancien lieu de culte druidique où la tradition situe le combat entre saint Michel et le Diable. Du sommet, la vue s’étend sur le marais environnant, où l’on place la légendaire forêt de Scissy, engloutie par les eaux au IXe siècle, et sur la baie du mont Saint Michel qui s’étire jusqu’à l’horizon. Plus bas, Le Vivier sur Mer offre un point de départ pour des promenades en bateau sur la baie, tandis que Cancale invite à une dégustation d’huîtres, de praires et de moules face au large.

De la baie du Mont Saint Michel à la côte d’Émeraude

En suivant la route littorale, la pointe du Grouin se présente comme un formidable belvédère sur la mer, les îlots et, par temps clair, le profil du mont Saint Michel au loin. De là, on rejoint Saint Malo, cité de corsaires et de grands marins. Derrière ses puissants remparts, la ville close malouine est l’une des plus belles citadelles d’Europe occidentale. Elle vit au rythme des marées, des bateaux qui entrent et sortent du port, des ruelles commerçantes et des promenades sur les remparts. C’est ici que naquirent de grands navigateurs comme Jacques Cartier, Duguay Trouin ou Surcouf, dont les noms restent associés à l’aventure et à la course en mer.

Dans la campagne environnante, appelée le Clos Poulet, de nombreuses malouinières dressent leurs silhouettes élégantes au milieu de jardins clos. Ces gentilhommières des armateurs malouins témoignent de la richesse des familles qui vivaient du commerce et de la navigation aux XVIIe et XVIIIe siècles. Certaines se visitent, comme le Bosc à Saint Servan, Limouëlou à Rothéneuf ou la Chipaudière à Paramé, où l’on découvre salons, escaliers, avenues plantées et parcs abrités du vent.

Au delà de l’usine marémotrice de la Rance, qui exploite la force des marées, Dinard apparaît comme une élégante station balnéaire. Ses villas Belle Époque, ses promenades en corniche et ses plages tournées vers Saint Malo en font un lieu de villégiature prisé. Dinard est aussi un point de départ pour des excursions en mer vers l’île de Cézembre ou le cap Fréhel. A partir de là, la côte d’Émeraude porte particulièrement bien son nom. Les eaux aux reflets changeants, la succession de caps, de baies, de rochers, de falaises et de minuscules anses se prolongent jusqu’à Val André, déjà dans les Côtes d’Armor, et complètent ainsi le visage maritime de l’Ille et Vilaine, partagé entre légendes, ports et lumière.